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lundi 29 décembre 2014

Adhésion et cartes postales

Bonjour à tous,
nous espérons que vous avez apprécié nos articles, mais aussi nos conférences, nos expositions, nos participations aux Journées européennes du patrimoine, etc.


Pourquoi adhérer au Phare ?

Nous consacrons beaucoup de temps à cela, nous nous déplaçons fréquemment, nous imprimons sur nos imprimantes personnelles : autrement dit nous ne ménageons ni notre peine ni notre argent pour vous faire connaître notre commune, son histoire, son patrimoine. 
Désormais nous accueillons avec plaisir les adhérents. Au travers d'une modeste cotisation annuelle de 10 euros ils nous soutiennent et nous aident à imprimer affiches et dépliants, à éditer nos travaux. S'ils veulent nous aider ils sont les bienvenus, mais si leur soutien est uniquement financier qu'ils en soient remerciés.


Comment adhérer au Phare ?

Le plus simple est de s'adresser au Tabac-Presse de Rochecorbon, où M. et Mme Imbert nous apportent leur soutien en enregistrant gracieusement les adhésions au Phare. Allez les voir, entre la mairie et l'église de Rochecorbon, il est très facile de les trouver !

Nota : vous y découvrirez aussi les livres publiés sur Rochecorbon, que ce soit l'ouvrage de Jean Guillaume sur l'Eglise Notre-Dame de Vosnes, celui de Claude Mettavant sur Rochecorbon en images ou le tout dernier Château de la Tour écrit par Robert Pezzani.

En 2015 nous aurons quelques bonnes surprises pour nos adhérents, mais chut ! il est encore un peu tôt pour en parler.
Dans l'immédiat vous repartirez avec une très jolie carte de membre, dessinée par Pierre Chaurin spécialement pour l'Association.

N'est-elle pas belle notre Lanterne de Rochecorbon fusionnée avec  le nom du Phare ?



Des livres, des livres, oui mais aussi des cartes postales !

A l'issue de la conférence de fin novembre 2014 sur Rochecorbon au moyen-âge vous avez pu découvrir 3 superbes tableaux réalisés par l'Atelier Pastel de la Maison des Rochecorbonnais. Si vous souhaitez en garder un souvenir, et pour ceux qui n'ont pu venir si vous souhaitez les découvrir, nous avons édité des cartes postales de ces tableaux représentant le château-fort de Rochecorbon tel qu'il existait à la fin du XVe siècle, vu par 3 artistes amateurs qui ont travaillé plus d'un an sur ce difficile projet. 
A vous de choisir votre préféré parmi les pastels de Maryvonne Despezelle, Mireille Faure ou Isabelle Rochereau.


Plus fort que les châteaux en Espagne, offrez-vous le château-fort de Rochecorbon pour 1 € la carte postale. "Mais où ?" me diriez-vous. Bah, dans le même Tabac-Presse de Rochecorbon, vous savez, entre l'église et la mairie !

Aidez-nous, soutenez-nous, c'est avec vous et pour vous que nous travaillons.


jeudi 13 novembre 2014

Conférence exposition des 29 et 30 novembre 2014

Le château-fort de Rochecorbon

Tel est le thème de la conférence d'automne du Phare. Après celle du printemps au cours de laquelle Robert Pezzani nous avait conté la période préhistorique et gallo-romaine de notre commune, Claude Mettavant enchaîne avec la période médiévale : la création de la commune, son premier châtelain, sa "puissante forteresse" dont le seul vestige est la tourelle emblématique La Lanterne. 

Période difficile où les textes et récits font défaut, les témoignages sont rares, les images absentes. Après trois années de recherches approfondies et rigoureuses, nous sommes aujourd'hui capables d'écrire avec détails cette partie de l'histoire rochecorbonnaise qui va du IXe au XVe siècle.

De récentes recherches ont permis de réécrire le passé de notre commune, bien souvent éloigné des histoires et légendes qui nous ont été tant répétées qu'elles nous semblent vraies. Pour vous mettre en appétit, voici un petit exercice simple : Corbon, certainement un descendant du premier seigneur de Rochecorbon à qui il a donné son nom, vous propose 11 affirmations parmi lesquelles il vous demande de démêler le vrai du faux. (cliquez sur l'image pour l'agrandir)







Vodanum, La Lanterne, Balzac, La Roche-Corbon ? Les livres et internet vous donneront des réponses, mais sont-elles vraies ou fausses ?

Si vous voulez le savoir, venez assister à l'une des deux conférences qui auront lieu le samedi 29 novembre  2014 à 20h30 et le dimanche 30 novembre 2014 à 15h30, dans la salle des fêtes de Rochecorbon (derrière la mairie, stationnement près de l'église).

Outre les bonnes réponses, vous y découvrirez également l'histoire de la construction du château et sa reconstitution, tel qu'il existait à son apogée au XVe siècle. 
Une grande partie des documents sera exposée à la même période au même endroit, les samedi 29 et dimanche 30, de 10h à 12h30 et 14h-18h.
Et l'exposition et les conférences sont ... gratuites !

L'affiche de l'exposition est déjà un premier cadeau ! Vous y voyez, sur la base de la représentation du coteau de Rochecorbon tel qu'il existe aujourd'hui, ce qu'il serait si le château-fort avait été conservé.






mercredi 17 septembre 2014

Phare participe aux Journées Européennes du Patrimoine 2014

L'Association sera présente cette année au travers de deux activités programmées ce dimanche 21 septembre.


Visite du cimetière

A 14 heures, Robert Pezzani vous propose une découverte originale dans le cimetière de Rochecorbon, rue des Fontenelles. De place en place les noms gravés vous rappelleront des personnages importants ou curieux de l'Histoire locale et nationale. 

Tombe d'Alfred Aubert, franc-maçon décédé le 11 juillet 1934.

Visite gratuite, pas d'inscription préalable.
Cette visite-conférence est une idée originale de l'Association Phare.

A quelques pas vous pourrez ensuite visiter le Moulin de Touvoie, la "maison de Belle" dans le film de la Belle et la Bête de Cocteau, ouvert lui-aussi exceptionnellement ce jour.


Marche du Patrimoine de Rochecorbon

Comme chaque année la mairie de Rochecorbon organise sa Marche du Patrimoine qui permet de découvrir quelques sites et bâtiments remarquables, souvent inaccessibles habituellement au public.

Cette année deux sites anciens emblématiques de la commune seront proposés, à savoir le site de la lanterne de Rochecorbon et le site de l'oppidum gaulois. La visite-conférence gratuite de ces deux sites sera assurée par Claude Mettavant. 

Départ à 9h30 depuis la place de la mairie de Rochecorbon. Le groupe sera scindé en deux, la moitié rejoignant vers 10h la Lanterne et l'autre partant découvrir la Loire et son coteau à bord du bateau le Saint-Martin. La Lanterne vous permettra de remonter 1200 ans en arrière pour découvrir l'origine de la commune de Rochecorbon, de sa forteresse moyenâgeuse et sa célèbre tourelle. A 11h les deux groupes inversent.

Visite lors de la Marche du Patrimoine de 2010.


A 14h la visite du site de l'Oppidum vous permettra un autre bond en arrière de 1200 ans pour découvrir cette présence gauloise sur le coteau de Rochecorbon.

A noter : la Marche se terminera par la visite d'un très joli gite troglodytique. A ne pas manquer car les habitations de ce type sont privées et donc inaccessibles.


En complément, d'autres lieux rochecorbonnais s'ouvrent le 20 et 21 septembre

Rochecorbon propose d'autres activités liées au Patrimoine ces deux jours :
- le Moulin de Touvoie 
- la chapelle Saint-Georges
Pour plus de détail voir le programme de Rochecorbon.


dimanche 14 septembre 2014

Journée du Patrimoine au cimetière de Rochecobon

Le dimanche 21 Septembre est organisée par le PHARE une visite du cimetière de Rochecorbon. C'est une première, puisque cela n'a jamais été tenté, mais c'est l'occasion de pouvoir raconter "une autre histoire de Rochecorbon". 
Ce cimetière est relativement récent, puis qu’ouvert en fin 1895, par contre quelques personnages enterrés ici sont remarquables car ils ont marqué leur époque, soit à Rochecorbon pour certains ou pour la région, voire plus, pour d'autres; beaucoup sont méconnus des Rochecorbonnais eux-mêmes: c'est ainsi une façon de les découvrir et de leur rendre hommage. 
La diversité de ces "anciens" Rochecorbonnais fait de cette après midi une après midi de vraie découverte.



La visite débutera, à 14 heures à l'entrée du cimetière. Elle devrait durer 1h45. Elle est animée par Robert Pezzani. Il est prévu de commenter une quinzaine de tombes

samedi 16 août 2014

Ménie Grégoire n'est plus

Cette grande dame disparue la nuit dernière avait notre commune de Rochecorbon à coeur car elle y passait depuis bien longtemps ses étés, dans sa maison familiale. En hommage je vous propose cette brève vidéo la montant voici 6 ans. Elle avait alors 89 ans.
Elle nous avait ouvert ses portes lors de la journée du patrimoine de 2009, au début de la Marche du patrimoine organisée par la Mairie.




Avec sourire elle nous avait raconté sa jeunesse, les jeux qu'elle allait faire au fond des vastes caves avec son frère pour y allumer des bougies. Nous avions causé autour de sa grande table de pierre noire, celle où elle aimait s'installer sous le parasol pour y lire.

Ma dernière rencontre avec Ménie Grégoire date du 11 juillet : nous avions parlé de sa famille tourangelle, les Jactel. Nous devions nous revoir et je lui avais préparé une surprise. 


Internet étant universel, je vous envoie, chère Ménie, cette image surprise : 



C'est une photographie du magasin de votre grand-père, un commerce de vaisselle et de porcelaine situé place Gaston Pailhou à Tours. C'est ce grand-père Séraphin Jactel qui achètera une résidence secondaire, cette maison qui vous reviendra ensuite.

Elle vous plait cette photographie, Ménie ?

samedi 19 juillet 2014

Un livre sur Rochecorbon

Deuxième livre publié par un membre de l'association Phare, le "Rochecorbon" de Claude Mettavant vient de paraître aux éditions Sutton, dans la collection Mémoire en Images




Les 230 images du livre sont autant de témoignages de la vie dans la commune il y a 100 ans : les belles maisons mais aussi des sujets aussi divers que la vie commerçante, les bars et restaurants, les charrons, les dentelières,... Une majorité d'images inconnues et inédites qui vous mèneront de Saint-Georges à Vauvert et les Patys, du quai de la Loire au centre bourg et les écarts. Et des textes qui apprennent et éclairent : la vraie histoire des Clouet et de leur maison disparue, la forte production dentellière de la fin du XIXe siècle, les cavalcades dans Rochecorbon, le monument aux morts, et bien d'autres.

La quatrième de couverture présente ainsi ce livre :

Le village de Rochecorbon a toujours été un lieu d'accueil et de villégiature. En témoignent ses châteaux, ses belles demeures, les traces de son passé prestigieux comme l'oppidum gaulois ou la Lanterne, l'ancienne tour de guet de sa forteresse féodale et ses nombreuses habitations troglodytiques creusées dans le tuffeau. En 1889, l'arrivée du tramway à vapeur accélère la transformation de la vie locale : les compartiments de première classe amènent Parisiens et étrangers dans les villas ensoleillées du bord de Loire et les anciens châteaux, pendant que les voitures de deuxième classe acheminent une population tourangelle venue se détendre dans les restaurants et les bals, prémices des guinguettes. Les autres wagons transportent le vin d'appellation vouvray que l'on commence à « champagniser ». C'est une promenade dans ce décor, aujourd'hui classé « paysage culturel » par l'Unesco, que vous propose l'auteur, vous faisant également partager le fruit de ses recherches à l'aide de textes précis et de plus de 230 illustrations.

Table des matières :
  • Préface de monsieur le maire de Rochecorbon, M. Bernard Plat
  • Saint-Georges
  • Le coteau de la Lanterne et la Loire
  • L'entrée du bourg
  • Vauvert
  • Les Patys
  • Le bas du bourg
  • Le haut du bourg
  • Les écarts
  • Divers et loisirs


Ouvrage à découvrir au Tabac-Presse du centre bourg et dans les autres points de vente : la Boîte à Livres, Cultura, et les super-marchés Leclerc, Auchan, Carrefour,... sans oublier l'Office de tourisme de Rochecorbon.

138 pages, des images et des textes exclusifs. 21 euros, soit 9 centimes par image ! A s'offrir ou à offrir.

Et pour finir une information parvenue depuis la rédaction du livre : ne cherchez plus la Villa de l'Ancre de la page 11, elle a été détruite lors d'un bombardement de 1944 !

mardi 24 juin 2014

Maurice Pelloutier, syndicaliste anarchiste et poète

Dans le monde syndicaliste et l'histoire du monde ouvrier des deux frères Pelloutier c'est Fernand qui est le plus connu. Pour autant son frère Maurice n'a pas démérité car il a toujours été de toutes ses luttes, il a souvent co-écrit ses articles et ses livres. Et lorsque Fernand disparaîtra, à 33 ans après une courte mais riche vie, c'est Maurice qui rédigera sa biographie « Fernand Pelloutier, sa vie, son œuvre » qui reste aujourd'hui un document de référence dans son domaine.

Un des nombreux écrits des deux frères Pelloutier, posant la base de l'action syndicaliste.

Bien évidemment, si Maurice Pelloutier apparaît sur ce blog, c'est qu'il est passé à Rochecorbon, d'environ 1921 à 1940, suffisamment longtemps pour y avoir édité deux livres de poèmes en vers.


Sa vie

Maurice Saint-Ange Léonce Pelloutier nait le 2 juin 1870 au 81 de la rue de Courcelles, Paris 17e. Il avait un grand frère, Ferdinand Léonce Émile né en 1867 qui deviendra le grand syndicaliste, et il aura en 1872 une petite sœur Jeanne Amélie Suzanne.


Acte de naissance de Maurice Pelloutier.

Son père, Léonce Adrien saint-Ange Pelloutier est employé des Postes et Télégraphes, sa mère Marie Amélie Couillaud est sans profession, femme au foyer. Dix ans plus tard la carrière du père conduira la famille à déménager à Saint-Nazaire, un retour sur les terres d'origine des Pelloutier : le grand-père Ulrich Charles Léon était avocat au barreau de Nantes, l'arrière-grand-père Ulrich Auguste était indienneur -importateur de tissus indiens- et consul général de Prusse à Nantes !
C'est dans cette ville qu'en 1892 Ferdinand, le frère ainé de Maurice, co-écrira avec Aristide Briand un opuscule « De la révolution par la grève générale », témoignage de son engagement politique auquel Maurice apportera son soutien permanent. Le grand frère sera le militant actif, débordant d'idées, mais de plus en plus atteint par la tuberculose qui l'emportera précocement dans sa 34e année, Maurice sera l'homme de l'ombre, celui qui écrit sous la dictée, qui rédige et met en forme, qui édite.

Le 5 décembre 1893, âgé de 23 ans, il se marie avec Berthe Marie Pauline Ridel, 22 ans, sans profession,« grande et belle femme également très bonne musicienne ». Son acte de mariage précise qu'il est alors employé à la Préfecture de la Seine. Les deux futurs époux habitaient à la même adresse. Ferdinand est le témoin de son frère.

Signatures des deux frères Pelloutier sur l'acte de mariage de Maurice.

Les carrières des deux frères seront difficiles, le militantisme qu'ils démontrent avec vigueur pouvant effrayer à cette époque. Maurice continuera sur des postes administratifs à la Préfecture. Le recueil des actes administratifs de la Préfecture de la Seine note qu'en 1900 il est « expéditionnaire de 5e classe » à la Direction des Affaires municipales, régie des propriétés communales, et qu'il est muté à la Caisse municipale.

En 1901 son frère décède. Il en écrit la biographie, ce sera son dernier acte militant, il va désormais abandonner son métier de publiciste -essayiste écrivant sur la politique- pour se consacrer à l'écriture poétique. Son passé pèse sur sa vie et il doit plusieurs fois déménager.

En 1918 il habite à Sautron, près de Nantes.

Fin 1921 Maurice Pelloutier, son épouse et son fils viennent s'installer à Rochecorbon. Pourquoi ici ? Précédemment il habitait au Creusot (Loire) et pour son livre « Terre et Ciel » il trouve un éditeur à Tours. Maurice lui a-t-il évoqué ses difficultés ? L'éditeur lui a-t-il proposé de venir dans cette calme bourgade souvent appréciée des imprimeurs et éditeurs ? C'est une forte probabilité bien que les preuves manquent.
Il est alors retraité, bénéficiant d'une allocation viagère versée depuis le 1er janvier 1917 par la Préfecture de la Seine.
Il s'installe au Petit-Mauléon, une jolie propriété à côté de la mairie, de l'autre côté de la rue du Commandant Maurice Mathieu. Maurice Pelloutier y vit avec son épouse Berthe Pelloutier née Ridel, leur fils Raymond (né en 1897, il est courtier en assurances). S'est jointe à eux Amélina Ridel, la mère de Berthe (Amélina est un surnom, ses prénoms étant Marie Françoise Henriette Léonie).
Nota : les deux frères Pelloutier avaient épousé les deux sœurs Ridel !

La famille restera à Rochecorbon jusqu'à la toute fin des années 30. Le recensement de 1936 en note toujours la présence. Je ne sais pas quand il quitte Rochecorbon, peut-être lors de l'exode de juin 1940. Il décède à Nantes le 8 novembre 1940.

Le journal municipal « La Lanterne » de janvier 1997 publie 
cette petite annonce qui n'a pas perdu de son actualité : 
je ne sais si elle avait été efficace, mais les informations 
nous sont toujours parcellaires. Néanmoins on peut
 préciser que les dates indiquées sont erronées !


Son œuvre poétique

Dès 1889, il a alors seulement 19 ans, ses textes sont appréciés et son ouvrage en prose « Secret professionnel » reçoit le 1er prix, médaille d'argent, au 3e concours de poésie de l'Athénée des Troubadours.
En 1919 il publie « Ombre et lumière » à Nantes en y associant le nom de frère décédé 18 ans plus tôt.

Au cours de sa période rochecorbonnaise Maurice Pelloutier éditera deux nouveaux ouvrages de poésie :
  • « Terre et Ciel », textes versifiés publiés à Tours chez A. Moreau en janvier 1922. Il sera réédité en 1927 chez le même imprimeur, puis repris dans une édition définitive en 1931 au « Mercure de Flandre », un éditeur lillois.
  • « Ténèbres et Clarté » en vers, publié en 1924 chez l'auteur et imprimé chez Gibert-Clarey à Tours. Cet ouvrage de 64 pages attirera l’œil des rochecorbonnais par le poème qu'il dédie à sa commune d'adoption.



Son poème sur Rochecorbon

 Quatre chapitres sont constitués :
  • Épitres et Satires
  • À travers la vie
  • Méditations
  • Mélanges
Ce dernier chapitre commence par un texte sobrement intitulé « Rochecorbon ». En voici l'intégralité :

I

Dominant le cours de la Loire,
Tournant le dos à l'aquilon,
Il est un bourg qui dans l'Histoire
S'acquit jadis quelque renom.
Ce bourg nanti d'un peu de gloire,
C'est le bourg de Rochecorbon.

Reçois mon salut de poète,
Beau site, un salut sans façon ;
Hélas ! ma lyre est trop pauvrette
Pour t'offrir mieux qu'une chanson.

II

Dans un récit des sombres âges,
le grand Balzac nous l'a chanté,
Ce tourangeau dont le partage
Fut la force et la vérité ;
Et rendons lui ce témoignage
Qu'il ne nous l'a pas trop vanté.

Reçois mon salut de poète,
Beau site, un salut sans façon ;
Hélas ! ma lyre est trop pauvrette
Pour t'offrir mieux qu'une chanson.

III

Parmi les beautés tourangelles,
Beautés dont le nombre est si grand,
Vieilles beautés toujours nouvelles,
S'il compte plus d'un concurrent,
Du moins, ses grâces personnelles
L'y font briller au premier rang.

Reçois mon salut de poète,
Beau site, un salut sans façon ;
Hélas ! ma lyre est trop pauvrette
Pour t'offrir mieux qu'une chanson.

IV

Un vrai bijou de la Nature,
Ce coin pittoresque et charmant
Que pare une riche verdure
Qu'il doit au ciel le plus clément,
Ce ciel dont la teinte si pure
Est pour l’œil un ravissement.

Reçois mon salut de poète,
Beau site, un salut sans façon ;
Hélas ! ma lyre est trop pauvrette
Pour t'offrir mieux qu'une chanson.

V

Joignant l'utile à l'agréable,
Il possède cet autre attrait
De produire un vin délectable,
Émule du divin Vouvray,
Et qui fait merveille à la table
De maint bourgeois très fin gourmet.

Reçois mon salut de poète,
Beau site, un salut sans façon ;
Hélas ! ma lyre est trop pauvrette
Pour t'offrir mieux qu'une chanson.




vendredi 23 mai 2014

28 avril 1944 : un avion américain s'écrase à Rochecorbon


Un jeune américain s'engage

1921, la première guerre mondiale est achevée depuis 3 ans quand nait le petit américain Ferdinand Ernest Lefevre dans le comté de Wayne, état du Michigan. Après des études semble-t-il écourtées - il ne suit qu'une seule année universitaire - il travaille comme clerc.

Le 21 juin 1941 il a 20 ans et se présente à Detroit (Michigan) pour être engagé volontaire, le 8 décembre 1941 il est appelé. Le 6 avril 1942 il signe un enrôlement pour toute la période à venir de la guerre plus 6 mois. Son dossier n° 16062160 précise qu'il mesure 68 pouces (1,73 m) et pèse 131 livres (59,5 kg), il est célibataire. Son matricule est le 0-746131.


Il part en formation au 20th Fighter Group en Californie.


Le 1er lieutenant Ferdinand E Lefevre posant devant son avion. 1944.


L'arrivée en Angleterre

Un an plus tard, le 26 août 1943, son groupe s'installe sur une base anglaise à King's Cliffe dans le Northamptonshire, à environ 100 km au nord de Londres. Ce groupe avait été précédé par le 347th Fighter Squadron fin 1942 et le 56th Fighter Group en janvier 1943. 
Son groupe est constitué de 3 escadrons, le 55th Fighter Squadron, le 77th Fighter Squadron et le 79th Fighter Squadron auquel appartient Lefevre.

État-major de la base de King's Cliffe.


Les premières missions de la base sont d'accompagner des vols de bombardiers, fin 1943 le groupe est doté de nouveaux avions américains, des P-38.



Avions P-38 filmés à King's Cliffe. Lefevre y figure-t-il ?

La vie sur la base n'est pas extraordinaire : les terrains sont souvent boueux, la base est éloignée des villes, les conditions de vie sont sommaires.


Cantonnements américains de King's Cliffe.


Après 3 mois d'entraînement les premières missions d'accompagnement sur le continent sont réalisées à partir de mars 1944.


La salle des cartes de la base américaine de King's Cliffe. On y aperçoit le trait blanc vers la Touraine.

Les premiers entraînements sont délicats, de nombreux accidents trahissent la jeunesse et l'inexpérience des 132 pilotes. Mais cela n'entame en rien leur volonté et leur courage.


Tableau d'affectation des pilotes.


Rapidement ils vont acquérir une solide réputation dans la destruction de locomotives, ce qui leur vaut d'être surnommés le « Loco Group » à l'issue d'une opération menée en Allemagne centrale le 8 avril 1944, au cours de laquelle furent détruits de nombreux convois ferroviaires, mais aussi bien d'autres cibles au sol : du matériel ferroviaire (aiguillages, hangars, ateliers), des installations pétrolières, des centrales électriques, des usines,...

A leur retour de mission tous les pilotes font leurs rapports qui permettent ensuite au service statistique de faire le bilan des opérations : objectifs atteints, munitions consommées, pertes.

Le service statistique et ses « superbes » bureaux de King's Cliffe.

Les avions sont équipés de caméras. Aussi après vision des films les pilotes peuvent ajuster leur rapport. Ce sera le cas pour Lefevre lors de cette opération du 8 avril sur l'Allemagne : dans un premier temps il déclare avoir touché deux avions allemands Junker au sol, l'un probablement détruit et l'autre endommagé, mais après visionnage du film il constate que ces deux avions ont bien été détruits.
Le rapport corrigé fait donc apparaître pour cette journée 3 avions détruits, 1 en vol et 2 au sol, 2 locomotives endommagées ainsi que divers bâtiments.

2e rapport rectifié de Lefevre (orthographié ici Le Fevre) pour la journée du 8 avril 1944.
Source.


Le P-38

Cet avion est étudié à partir de 1935 sur la base d'un cahier des charges défini de la façon suivante :
- bimoteur devant comporter de nouveaux moteurs turbocompressés,
- capable de vols en haute altitude pour accompagner ou intercepter les bombardiers,
- capable d'un long rayon d'action.
C'est Lockheed qui développe et construit cet avion baptisé P-38 Lightning. Lefevre pilote un P-38L-LO aux caractéristiques améliorées avec notamment de plus gros réservoirs et des commandes assistées.

P-38 en préparation sous son hangar de King's Cliffe.


Les plus longues missions que l'escadron réalisera avec ces avions ont été des missions d'accompagnement de bombardements sur Bordeaux, à 2000 km de leur base, soit 4000 km aller-retour avec le même plein, montées, descentes et attaques comprises !


Plan écorché d'un P-38. Source.

Les jeunes pilotes apprennent à maîtriser ces engins, non sans quelques difficultés dont quelques atterrissages manqués ! Plusieurs aussi se tueront lors des entraînements.




L'avion de Fernand E. Lefevre portait le numéro de série 42-68035, modèle de type exact P-38J-10-LO.

Note : c'est sur le même type d'avion qu'Antoine de Saint-Exupéry disparaîtra au dessus de la Méditerranée le 31 juillet 1944.


La mission du 28 avril 1944

C'est sur la base de sa réputation naissante que le groupe est retenu pour un raid visant la gare de Saint-Pierre-des-Corps. Lefevre est le leader de l'équipe « Rouge » chargée de couvrir le groupe principal, axé sur la gare, en attaquant notamment la base de Parçay-Meslay.

P-38 volant en formation.

M. Debelle se souvient :
À Beauregard, juste en face de la piscine, où il y a une terrasse, il y avait un préfabriqué où logeaient des artilleurs de la Flak (défense aérienne allemande). Ils avaient au moins 3 pièces de DCA au dessus de Saint-Georges, après la côte du Peuplier, dénommée ainsi à cause d'un énorme peuplier d'Italie qui y prospérait, à la Cholterie juste avant Montgouverne. C'était des canons de 88 (88 mm de diamètre) et je peux vous dire que lorsque ça tirait, les éclats retombaient jusque sur les maisons et les jardins de Beauregard. Il ne faisait pas bon de rester dehors.
Il y a avait aussi à cet endroit un énorme projecteur pour éclairer les avions la nuit. Les allemands avaient aussi creusé tout autour des trous équipés de mitrailleuses pour protéger le site.
On voyaient les allemands monter en rang d'oignons pour la relève de l'artillerie.

À Champlong, au niveau de l'autoroute actuelle, il y avait des canons de 20 ou 30 mm et entre Chatenay et Mosny il y avait un énorme système d'écoute, des sortes d'entonnoirs ou de grands pavillons de phonographes qui permettaient de détecter le bruit des avions qui arrivaient et prévenir la base de Parçay et l'artillerie. Il n'y avait pas de radars à cette époque.
Flak et tout le groupe chargé de la faire fonctionner.

En face du Bon Accueil (aujourd'hui L'Oubliette) il y avait un tonnelier, on traversait la Bédoire et il y avait la scierie et la menuiserie de Gaston Buant. C'est entre ces bâtiments, le long de la Bédoire, que s'est écrasé l'avion américain. Pendant des années des morceaux de l'avion sont restés là.

On ne sait pas de façon certaine quelle artillerie a touché le P-38 du lieutenant Lefevre, les gros canons de la Cholterie ou ceux de Parçay-Champlong ? Mais l'avion n'étant plus manœuvrable et son pilote s'étant pas éjecté en parachute, l'avion s'est écrasé et son pilote est mort.

Je ne sais pas qui a recueilli le corps et où il fut provisoirement inhumé, mais aujourd'hui il repose dans un immense cimetière américain situé en Belgique, près de Liège, à Neuville-en-Condroz. L'une des 5329 tombes...

Au total, sur l’effectif des 132 pilotes engagés dans la deuxième guerre mondiale, 73 ont été tués en mission.


Le rapport du MACR n° 4416

Le « Missing AirCrew Report » nous informe des circonstances de la disparition du lieutenant Lefevre. Ces documents m'ont aimablement été transmis par Claude Archambault, spécialiste de l'étude des crashs d'avion sur la période 1939-1945.

Le premier document est le rapport principal décrivant les objectifs de la mission réalisée, le matériel utilisé et les premières informations de la disparition.



On y note notamment que le temps était beau avec une mince couverture nuageuse à 23 000 pieds et une légère brume au sol. Ce rapport conclut à la probable destruction du moteur gauche de l'avion.

Le deuxième document est le rapport du second lieutenant Rodney P. Watson qui était alors un des pilotes de l'équipe « Rouge » placée sous les ordres de Lefevre.


Traduction de R. Pezzani :
Nous volions dans l'équipe « Avoine Rouge 2 ». Nous étions à l'arrière et au dessus des bombardiers au moment où ils passaient au dessus de la cible. Juste après qu'ils aient jeté leurs bombes je vis la Flak (D.C.A.) frapper l'avion du Lieutenant Le Fevre. Le réservoir de secours gauche explosa et se mit à brûler. Il fit une demi rotation, commença à chuter et se mit en vrille, son moteur gauche crachait une fumée inquiétante, mais après qu'il eut perdu six mille pieds, il commença à reprendre le contrôle de l'avion et stoppa le mouvement de vrille. Il était alors sur une descente à 60 degrés qu'il semblait maîtriser. La fumée s'était réduite à un mince filet. Il se dirigeait vers le nord-est. C'était la dernière fois que je le voyais. Un peu plus tard je regardais vers l'arrière, mais je ne vis aucun endroit où un avion se serait écrasé."
Avec les diverses informations recueillies, les responsables américains établirent cette carte de l'endroit probable où se trouvaient Lefevre et son avion :


L'information était juste, mais malheureusement l'avion ne s'était pas posé car finalement il s’était écrasé à Rochecorbon, à l'est de Tours.

C'est donc probablement la DCA installée en haut de la vallée de Saint-Georges qui avait atteint l’avion de l'américain au moment où il traversait la Loire en direction du nord.


La stèle commémorative

Il semble que la stèle de Rochecorbon fut construite en deux étapes : une première installation provisoire à l'emplacement exact du crash, puis la stèle actuelle en 1986 à un endroit plus approprié, de l'autre côté du terrain de football. 


Journal municipal de juin 1986.

Chaque année lors de la célébration de la Victoire du 8 mai 1945 on y rend les honneurs d'usage. C'est bien le moins pour remercier ce jeune américain venu se faire tuer à Rochecorbon pour nous libérer du joug nazi.


Hommage rendu le 8 mai 2014.


Pour en savoir plus :
  • Claude Archambault a publié plusieurs ouvrages sur les chutes d'avions pendant la guerre. Son dernier ouvrage : Exécutez l’Air Commodore !.
  • un film récent montrant le P-38 permettant d'en bien évaluer la forme originale.
  • le site concernant le 20th Fighter Group Projet, en anglais mais abondamment illustré (plusieurs images de ce texte en proviennent).
  • un autre site toujours en anglais, le 20th Fighter Wing Association nous rappelle que ce groupe qui existe toujours avait connu ses débuts en 1927 en étant équipé ... de ballons.
  • Aérostèles, un site en français qui inventorie les stèles et lieux de mémoire aéronautique et qui consacre une page à celle de Rochecorbon.
  • le 5 août 1944 un autre avion P-38 explosait en vol au dessus de Reugny

samedi 19 avril 2014

Rochecorbon Port de Loire (une vision du futur)

Avant propos

Le territoire de Rochecorbon est couvert de témoignages de son histoire ou de son évolution; ces témoignages constituent le patrimoine local. Souvent les documents ont disparus et il n'est pas possible de connaitre de façon certaine le passé. Ce constat donne envie de laisser divaguer son imagination, comme le ferait un romancier et de tenter de reconstruire le passé. Peut être est-ce la vérité, peut être pas ; qui peut dire le contraire ? En tout cas cette vision ne fait qu'enrichir la perception que l'on peut avoir des lieux. A vous de juger ! personnellement j'y crois ...


Introduction
 La Loire fut durant des Siècles « cette Reine que les Rois ont aimée ». Ils y ont construit leurs demeures, et Rochecorbon s'est développé dans cet environnement prestigieux profitant de la présence du fleuve. Mais Rochecorbon depuis un siècle s'était détourné de la Loire ; le fleuve, avec l’avènement du chemin de fer, avait perdu son rôle de lien de communication, d'échange et de commerce et de rencontre. Les berges autrefois dépouillées d'arbres se sont boisées ; il n'était plus nécessaire de laisser l'espace libre qu'exigeait le chemin de hallage.
Aujourd'hui les arbres ont envahi les berges
Dopés par les engrais lavés dans les terres de la Beauce et apportés par les eaux, frênes et saules ont trouvé un nutriment de choix leur assurant une croissance accélérée. Vite un rideau de verdure s'est tiré entre le bourg et la rivière, fermant la fenêtre sur les berges. Et la Loire abandonnée est redevenue sauvage.

L'homme l'avait abandonné, l'homme la redécouverte et a tenu à l’honorer en classant son paysage dans l'inventaire des Patrimoines de l'Humanité.
Vers 1900 la Loire avait ses berges dépouillées d'arbres laissant libre le chemin de hallage

En prenant conscience que  le paysage a fortement évolué durant des derniers cent ans, serons nous capables de deviner ce qu'il a pu être dans les millénaires précédents?

La Loire à Rochecorbon il y a plus de 10.000 ans !
Durant les 500 000 années qui ont précédé, périodes glaciaires et tempérées se sont succédé avec une périodicité d'une centaine de milliers d'années. Durant les phases glaciaires la banquise descendait l'hiver jusqu'aux cotes Espagnoles, la calotte glaciaire atteignait une épaisseur de 4 km retenant des quantités colossale d'eau, abaissant ainsi le niveau de la mer à 130 mètres au dessous de ce qu'il est aujourd'hui. La végétation était une végétation de toundra balayée par des vents violents et froids. La Loire devait parcourir 150 km supplémentaires pour rejoindre l'océan Atlantique.
Durant les périodes tempérées, ces masses d'eau retournaient à la mer, en élevaient le niveau, et par érosion creusaient un peu plus profondément le lit du fleuve. L'examen des alluvions millénaires nous révèle que, il y a 50 000 ans, la Loire était 20 mètres au dessus de son niveau actuel. Une simulation sur les profils des sols actuels inonderait la majeure partie de la vallée. La Planche serait sous les eaux ainsi que le hameau des Cartes. La vallée Poélons serait un lac...

La vallée de Rochecorbon telle qu'elle pouvait être il y 15 000 ans
durant la dernière période glaciaire.
L'étiage de la Loire était 20 mètres au dessus de son niveau actuel

Puis la température s'éleva, la glace fondit.... 


Aujourd'hui la Loire coule 20 mètres plus bas, libérant le lac qui s'était formé dans la vallée

Cette vision est probablement excessive, mais elle nous suggère, que lors de ces évolutions, le ruisseau de la Bédoire, devait s'écouler depuis sa source en alimentant des lacs successifs, lacs disposés en paliers sur son parcours, chacun se déversant dans le suivant. Les étendues de sols relativement plates que l'on peu observer  au voisinage de la Rabaterie, puis de la vallée Poélons, encore à  la Garenne des Cartes, aux Monteaux, en aval du moulin de Touvois, au pré de l'Eglise... semblent renforcer cette assertion.
Le profil de la Bédoire révèle la présence de paliers successifs, peut être témoins de la présence d'anciens lacs ou étangs se déversant les uns dans les autres

Durant la même période, la Bédoire  rejoignait une Loire qui ne ressemblait pas à ce que l'on peut voir actuellement : le fleuve était constitué de multiples chenaux serpentant  entre le coteau nord de Rochecorbon et le coteau sud de St Avertin. Ses bras s'entrelaçaient formant des îles temporaires qui se déplaçaient d'une saison à l'autre.
 Il y a plus de cinq cent mille ans, les premiers hommes apparaissent dans cet espace qui deviendra la Touraine. C'est la période des Chasseurs-Cueilleurs; l'homme suit les troupeaux sauvages qui lui apportent de quoi se nourrir et se vêtir. Les saisons rythment sa venue et son départ, surtout dans les périodes froides. L'hiver repoussent hommes et hordes d'animaux sauvages vers le sud.  Ils reviendront l'été suivant. Les chemins migratoires sont balisés par le lit des rivières que l'on remonte ou descend. La rive de Loire et, en particulier sur l'emplacement de Rochecorbon est abritée des vents du Nord. Elle offre un climat plus doux grâce à son orientation sud. Le coteau est un type d'abri sous roche naturel qu'apprécient les familles de chasseurs. Ils y séjournent temporairement comme on l'a constaté près de Langeais à la Roche-Cottard. Le vallon de Rochecorbon est parfaitement situé à un élargissement du lit de la Loire; le ralentissement du fleuve qu'on y observe, favorise la présence de gués; un endroit parfait pour  guetter le passage  des aurochs, rennes traversant les bras du fleuve. Les animaux, y sont plus vulnérables, et il ne faut manquer cette occasion!  C'est ainsi que vont se succéder l'Homo Erectus, l'Homme de Neandertal, puis Cromagnon. Si le coteau a été trop modifié dans les siècles derniers pour penser y trouver trace du passage de nos ancêtres très anciens, on peut parfaitement imaginer qu'ils s'y installèrent lors de leurs pérégrinations. Certains pensent y avoir trouvé des pierres taillées abandonnées lors de ces passages.
Certains pensent avoir trouvé la preuve de la présence d'hommes préhistoriques  dans les coteaux de Rochecorbon;
si la trouvaille n'est pas attestée, l'idée est tout à fait plausible (photo J.P.Riot)


La Loire au Néolithique et à l'âge du Fer, au pied de l'Oppidum


Reproduction d'une pirogue monoxyle au musée du Grand Pressigny
Il y a 11.500 ans, se termine la dernière période glaciaire, la région va progressivement se réchauffer pour permettre il y a 6000 ans la sédentarisation des populations; on change de mode de vie pour devenir des éleveurs-cultivateurs. C'est le Néolithique : aire de la pierre polie. Il faut des outils plus précis pour cultiver la terre, moissonner les récoltes, couper les arbres pour construire de grandes maisons collectives. Le sommet des collines surplombant le ruisseau de la Bédoire apparaissent des endroits privilégiés pour s'y installer. Nombreux sont ces hauteurs où on a découvert des outils de cette période. Plus étonnant les silex locaux ne semblent plus satisfaire totalement. Certains de ces outils proviennent de roches venant de loin; ils sont importés de Bretagne par exemple et témoignent des échanges sur de grandes distances. Beaucoup ont été trouvés sur les bords de la Loire. Ce sont des outils perdus lors de naufrages. Depuis le Néolithique l'homme navigue; il sait construire des pirogues taillées dans un tronc d'arbre (pirogue monoxyle). En Charente, on en a retrouvé une, vieille de 3500 ans !
 On peut identifier dans la commune,  une dizaine de sites  où l'homme s'était installé au néolithique. Un seul a été fouillé, celui situé, en limite de Rochecorbon, à la Roche Deniau.
Le site de la Roche Deniau durant les fouilles de 2007


Les points de débarquement ne pouvaient être qu'en extrémité des vallées débouchant sur le fleuve. Pour la commune sont candidates les vallons de St Georges, de Vauvert et la vallée du bourg. Durant l'âge du bronze, ces échanges semblent s'être intensifiés et couvrir des distances importantes. Quelques objets de cette période ont été extraits par les dragues prélevant du sable. On trouve essentiellement des objets de bronze ( pointes de lance, bracelet, haches à talons...) mais aussi des tessons de poterie; leur facture, les motifs qu'on y voit laisse parfois penser à une origine germanique ou bretonne! Déjà à l'époque on venait de loin pour voir notre belle région!
Vers 150 avant J.C, les gaulois s'installent sur l'éperon rocheux de Château Chevrier. l'endroit avait déjà été occupé au Néolithique par d'autres peuplades, en témoignent les trouvailles de surface faites par Roger Cloupeau (pierre polie, armatures de flèches). A cette endroit les gaulois vont créer une cité que Jules César appellera "Oppidum". Si l'endroit est fortifié, comme en témoigne le "Vallum" toujours visible, c'est avant tout un lieu de vie, d'artisanat et de commerce.
L'oppidum de Château Chevrier. Ici se dressait une cité gauloise appelé oppidum par Jules César. Malgré, les constructions récentes, on devine encore le système de défense (vallum) constitué par un fossé et un talus. Le centre religieux et administratif devait se situer au sommet à gauche de l'image: où existe encore une plate forme terrassée. Aujourd'hui on y cultive la vigne. Il n'y a pas eu de fouille à l’exception d'opérations de sauvetage effectuées par Raymond Maugard.
Les villes les plus proches (oppida) sont situées à Fondette (Montboyau) et à Amboise sur le plateau des Châtelliers. Amboise est manifestement la ville la plus importante du pays Turons ( Gaulois de Touraine) et joue le rôle de capital; Tours n'existe pas ou n'est qu'une ferme gauloise. Ces cités sont positionnées en bord de Loire; ce n'est pas étonnant car le réseau fluvial qui couvre la Gaule est dense et harmonieusement disposé. Il relie toutes les régions entre elles bien plus que les routes; Le développement est tel que les bateliers de l'époque  utilisent tous les fleuves et affluents, même  la plus modeste rivière. Dans une page célèbre, le géographe grec Strabon écrit" Tout le pays est arrosé de fleuves, qui descendent les uns des Alpes, les autres des Cévennes et des Pyrénées et se jettent les uns dans l'Océan, les autres dans notre mer (Méditerranée). Les pays qu'ils traversent sont pour la plupart des plaines et des collines qui ont entre elles des cours d'eau navigables. Les rivières sont si heureusement situées les unes par rapport aux autres que les transports sont aisés d'une mer à l'autre..." La parfaite maîtrise des artisans gaulois en matière de charpente et de technique du bois leur permet d'exceller dans la fabrication des bateaux. Ils sont à fond plat facilitant les déplacements  sur les rivières et ressemblent soit à nos gabares (les rates), ou aux drakkars Vikings (les lintres).
Lintre gauloise; Le bateau à fond plat, à poupe et proue élevées se prête à la navigation fluviale et au hallage. Noter la présence de tonneaux dont l'invention est attribuées au x Gaulois 
 Ces échanges sont importants et exigent des "ports" proches des citées et l'oppidum a le sien. Lorsqu'on parle de "Port" à cette période, il ne faut comprendre qu'un point d'échouage facilitant l’accostage, le transbordement des marchandises, le parcage des bateaux. L'endroit le plus approprié est le bas de vallée du bourg: pas d'escarpement, la rive de la Loire devait s'enfoncer dans la vallée, créant un abri naturel. On peut même penser que le bas de vallée, là où sont les terrains de football , sont pratiquement toujours sous les eaux , formant un lac qui pénètre dans  la vallée de Rochecorbon. Ses eaux ne sont pas très profondes et demeurent calmes même lorsque le fleuve est en furie. La vallée inondée constitue un abri sûr, offrant un refuge aux embarcations des pêcheurs et aux mariniers.
Les bénéfices de ce lac sont immenses: sur les berges humides prolifèrent le frêne, le saule dont les branches fournissent l'osier si utile pour la vie quotidienne... paniers, hottes pour le stockage et le transport mais aussi enclos tressés pour les animaux domestiques... un peu plus haut, les châtaigniers dont les marrons fournissent une farine nourrissant hommes et cochons.
Ici, on exploite la configuration géographique du site; on a disposé entre le lac et le fleuve une barrière de branches entrelacées. L'eau circule entre les maillages des osiers, des obstacles dirigent le poisson vers les nasses que l'on relève régulièrement. En haute saison, aloses, saumons, sandres,  remontent de l'océan pour venir frayer dans ces eaux calmes et les "boires" formant des mares au bas étiage du fleuve. les recoins herbeux et marécageux du fond de vallée offrent les conditions parfaites pour leur reproduction: le poisson abonde et fournit une nourriture facile.
Mais au long des années, des décennies, des siècles, la vallée s'envase ; les hautes eaux d'hiver déposent les sables granitiques du massif central que complètent les limons de la Bédoire. L'été la vallée s'assèche ou devient boueuse; seul le ruisseau venant du plateau trace son filet.On ne peut accoster qu'au sud, là où se trouvaient les pièges à poissons. Un chemin sur berge remplace la pêcherie. Les crues de printemps viennent régulièrement noyer ce passage.

Le Bord de Loire à Vodanum, le "Portus rupium"

Mais tout ce trouve bouleversé par la conquête romaine. D'autres règles, d'autres mœurs; la paix romaine garantit la sécurité des habitants; il n'est plus nécessaire de s'abriter dans un endroit protégé; l'oppidum se vide, et probablement un "vicus" se crée dans la vallée; des vestiges de murs romains furent découverts an bas de la rue Vaufoynard. Le nom de ce "vicus";  "Vodanum", ce qui en gaulois semble signifier "la propriété de Vodos"; (Vodos propriétaire). Les Romains développent en même temps les communications routières en créant les voies romaines. Sur la rive droite de la Loire la voie emprunte la rue St Roch actuelle, se poursuit le long du coteau jusqu'à la vallée. Elle passe aux Patis,  à Montguerre utilisant un segment de route aujourd'hui disparu. Sur l'autre versant de la vallée elle grimpe au sommet du coteau en passant par l'actuelle rue de la Bourdonnerie ou la rue Vaufoynard. Le problème est la traversée du font de vallée. Son inondation fréquente est un vrai dilemme: pour en limiter l'effet on construit  un pont de pierre ou de bois pour enjamber la Bédoire,  on  relève le niveau du passage en créant une "turcie",  jusqu'à surplomber d'environ trois mètres le sol naturel. La Loire vient battre parfois, contre cette barrière; on finira par l'empierrer pour constituer un perrée; l'ensemble formera la rue du Moulin. Elle porte encore les traces de cette surélévation importante que l'on peut constater sur ses deux cotés; n'oublions pas que la construction des HLM se fit sur un sol remblayé.

La Loire venait baigner la voie surélevée, formant un quai d'embarquement; le Portus Rupium , le port des Roches (simulation)

Cette voie rehaussée forme un quai parfaitement situé ;  La pointe de Montguerre casse la force du courant et crée en aval un abri au eaux calmes le long du perré. On y avait installé une rampe rendant aisés les transbordements. C'est parfait pour y amarrer les embarcations lorque la Loire est haute ou s'y échouer à bas étiage.
C'est probablement là qu'il faut situer le "Portus Rupium",  "le port des Roches" des textes anciens. Il n'y a pas entre Amboise et Tours d'autres emplacements correspondant mieux à cette appellation! Un document de l'Ecole des Chartes donne quelques informations supplémentaires "le mot Portus a une double signification, il désigne aussi un lieu où une route antique, presque toujours une ancienne voie romaine traversait un fleuve ou une rivière" le même document donne parmi ses exemples; Roche-Corbon, Portus Rupium..
 Ce port, correspond à une nécessité pour Vodanum. Les Romains ont importé, en Gaule, la culture de la vigne. très vite elle s'impose sur les coteaux nord de la Loire, l'exposition au sud, la qualité du sol donne un vin de qualité qui a son succès dans d'autres régions de l'empire. Il faut le transporter; les voies terrestres ne sont pas appropriées à des charges aussi lourdes. La navigation est la solution: d'ailleurs les vignes ne se développent que sur les terres proches du fleuve. Lorsqu'on s'éloigne du coteau, très vite, la culture de la vigne s'éclaircit puis disparaît; il faut pouvoir rester proche du fleuve et  accéder facilement aux bateaux.

Un moulin les pieds dans l'eau; le moulin de Gravotte
Le soubassement du moulin de Gravotte, est la partie la plus ancienne du bâtiment.
 Sa configuration basse (sur la droite)
 laisse deviner une construction qui baignait dans les eaux de la Loire
Juste après l'an mille, le besoin d'un moulin s'impose; on veut profiter de la force hydraulique de la Béboire; on taille un bief au flanc du coteau Est de la vallée, cela permet de créer une chute d'eau en arrivant proche de la Loire. La hauteur d'eau d'une roue de moulin dépasse les deux mètres; cela impose la hauteur du chemin au dessus du sol naturel;  l'eau du bief passe sous la surface du chemin supporté par le talus formé. Pour bien profiter de cette chute d'eau le moulin est construit au plus bas. En hiver il  les pieds dans l'eau.  L'été, la grève se découvre révélant graviers et sables déposés par le courant. Cette plage, cette grève baptisa la moulin le Moulin de Gravotte. Jeanson le confirme en écrivant que "le nom doit venir du latin "grava" (pierre) augmenter du diminutif "otta" d'où endroit caillouteux. Aujourd'hui on dirait : le "Moulin de la grève".
A ses débuts le moulin était sur la grève,  il était desservi par le chemin surélevé qui servait d'embarcadère lorsque la Loire est haute. A l'entrée du pont devait se dresser une sorte de barbacane, car  le moulin côtoyait la basse cours du Château des Corbon: là ou on dressa vers 1900 le château de la Tour
Il faut bien noter que cette route surélevée n'est pas une digue, elle n'a pas d'autres missions que l'éviter que le passage qui travers le bas de vallée soit inondé. son élévation n’empêche pas que la Loire de pénétrer dans la vallée; le pont sur la Bédoire lui permet de s’engouffrer lorsqu'elle déborde. 

Le diamètre de la roue à augets du moulin de Gravotte donne la dimension de la surélévation de la rue du moulin par rapport au sol naturel. Le premier étage du moulin se trouve au niveau de la chaussée; donc une dénivellation équivalente à un étage

La rue du moulin, qui traverse cette image de haut en bas; passe au dessus du canal qui alimente la roue; elle se trouve surélevée sur sa droite comme sur sa gauche (où on peut voir le déversoir du bief; aujourd’hui pour construire les HLM on a enterré ce déversoir). la partie droite de cette route,devait être autrefois une grève; d'où le nom de "Gravotte".


La création des levées et leur impact sur le trait de Loire

Mais les eaux calmes de la petites baies ainsi formée, favorise le dépôt des alluvions. L'assèchement est amplifié par les paysans. Avides de terres nouvelles ils plantent des osiers qui par leur enracinement fixe le sol. Cela assurera de futures pâtures. Lorsque les turcies se transforment en levées; lorsque sous la direction de l'ingénieur Poictevin, Colbert les renforce et fait rehausser leur niveaux, la route de la rive droite s'y installe, et l'on relie, en face de Rochecorbon la levée venant de Vouvray à celle se poursuivant vers Marmoutier. Il ne s'agit pas de mettre une barrière aux inondations, mais simplement d'assurer la continuité à la voie "Royale", aujourd'hui D952.

Sur cette carte (1720 environ) la levée est en cours de construction: noter que le bord de Loire n'est pas aussi ensablé qu'aujourd'hui
Extrait du cadastre napoléonien (1819) on y voit, sur la rive droite de la Loire,  les ports Grados, Marchandeau, Allaire...


En créant cette levée le long de la Loire, on a aménagé  "des rampes" appelées "cales abreuvoirs" permettant au bateaux de charger et décharger. Il y en aura peut être une dizaine sur le territoire de la paroisse. On appelle souvent ces rampes du nom de port, " le port" Grados" et "Marchandeau" en face des Patis, le "port Allaire" en face de Montguerre.... N'oublions pas les rampes du coté des "Basses Rivières", "la Taisserie", "St Georges"...Les cartes anciennes en portent  le témoignage.

Le port "Grados" aux Patis, possède une double rampe (cale abreuvoir) , témoignant de l'importance du trafic fluvial (année 1897)

Un des témoignages nous est transmis par les registres municipaux de Rochecorbon.

La débâcle de la Loire du 8 Pluviôse an III (27.Jan.1795)
La Loire était prise par les glaces depuis le 31 décembre 1794. Il existe (registres des délibérations de Rochecorbon) une description assez détaillée de la débâcle qui en suivra; cette description nous donne quelques éclaircissement sur les ancrages des bateaux et sur l'importance que représente l'activité du commerce fluvial pour la Commune ; le texte est reproduit ci-après.
"A l'instant, le requérant, l'agent national, il a été procédé au procès-verbal de la manière dont la municipalité s'est comportée avant et pendant la débâcle des glaces ainsi qu'il fut.
La parution d'un arrêté du Directoire du District de Tours du 11 Nivose dernier, le Conseil Général s'assembla le seize et arrêta
-  que tous les hommes et outils, chevaux, voitures et conducteurs seroient en réquisition.
- que tous les citoyens qui avoient des marchandises sur la Rivière dans l'étendue de cette commune seroient tenus de les décharger dans les plus brefs délais.
- que les citoyens François Chevraux et Quittet, fermiers dans l'Isle de Rochecorbon, seroient tenus de sortir de la dite Isle, dès l'instant, avec leurs bestiaux et denrées et se retirer dans un local convenable auquel effet il leur étoit offert des secours.
Attendant d'un jour à l'autre cette débâcle, au cause de dégel, qui s'étoit manifesté, les membres du Conseil et l'Agent National particulièrement chargé de l'exécution n'ont cessé, à différentes heures de chaque jour de se transporter dans l'étendue de la commune, le long de la rivière.
Ils ont fait décharger les vins qi étoient dans huit bateaux ainsi que leurs équipages.
Le port des Patis


Dans la nuit du huit au neuf de ce mois la Rivière de ( non lisible; probablement la Brenne) a fait croître celle de la Cisse. Cela occasionna une espèce de petit courant le long de la levée depuis la dite rivière la Cisse, jusqu'au dessous de Rochecorbon. On profite le neuf au matin de cette petite crue pour faire remonter six bateaux qui se trouvaient près des Patys jusqu'au pont de la dite Cisse et deux aurtes qui étoient vis à vis de la maison de la Tesserie, dans l'espace qui se trouve entre le pont de la Bédoire et le moulin de Gravotte, en sorte qu'il ne restoit plus aucun bateau sur le territoire de la commune. Le onze sur le midi, il y eu une fausse débâcle, une partie de la glace se détacha entre cette commune et celle de Vouvray et s'arrêta en face de la maison de la citoyenne Allaire.

Dans la nuit du onze au douze, la débâcle générale s'étant manifestée, aussitôt que la Municipalité en eut éveille, les membres du Conseil se dispersèrent dans les différents endroits ou fit battre la caisse et rassembler le plus d'hommes qu'il fut possible, pour en cas de reflux faire monter le long du coteau le vin qui étoit sur les bateaux ou qui étoit resté sur la levée.
En  Février 2012 la Loire sans être totalement prise par les glaces charriait des plaques gelées 


Dans ce moment ayant reçu une lettre de l'Agent National du Directoire de District, du même jour douze, qui annonçait une crue considérable, l'activité redoubla et les hommes requis ne se retirèrent qu'après qu'on fut certain qu'on étoit hors de danger par l'évacuation facile qui se faisoit de la glace.

Cette évacuation fut terminée entièrement le quatorze du mois présent, et le Conseil joyeux d'avoir contribué par ses soins à sauver les bateaux et marchandises dont on vient de parler, a arrêté que copie du présent sera envoyé au Directoire du District de Tours.
Signé par les membres du conseil

Redonnons vie à la Loire.

Durant des siècles la Loire fut le poumon de la région, assurant la majorité des échanges commerciaux entre Nantes et Orléans. Cet extrait tiré du "BLIDIG Rochecorbonnais" (N° 1 Mai 1970) décrit la vie le long du fleuve.
" Jean-Marie des Houes, chemin faisant entre Nantes et Blois (et cela fait quelques lieues) considérait du haut d'une turcie ces vaisseaux qui "cinglaient" vers d'autres horizons. Des chalands à voile ou gabares transportant le blé de Beauce et le vin des coteaux, et le bois des forêts et les ardoises qui font les toits si lisses après la pluie. Jean-Marie voit encore défiler devant lui les sapines telle celle qui l'a emmené, et les toues, barques goudronnées à l'avant élevé. Les allèges des convois, les bachots des passeurs, les radeaux chargés de madriers, les triots, les camuses, les boutiques, les berrichons, les montluçons, toutes sortes d'embarcations grouillantes de mouvement de vie"


Jeux sur la Loire; la Ringate est une compétition bonne enfant regroupant des inconditionnels du fleuve. C'est l'occasion d'une journée de partage et le joie


Cette vision du passé, pleine de nostalgie, doit nous inciter à nous poser la question.
Comment s'approprier à nouveau le fleuve? Comment en faire un vecteur de notre vie Rochecorbonnaise? comment l'utiliser pour attirer les visiteurs et partager avec eux ce patrimoine si exceptionnel?
Des tentatives ont été tentées. Le bateau St Martin en organisant ses circuits sur le fleuve montre qu'il est possible d'entreprendre et de réussir. D'autres initiatives comme la Rabouilleuse se sont développées, la course des "Ringates"chaque automne attirent les curieux sur les berges.

Cela ne suffit pas; il faut une vision, un plan structuré permettant d'amplifier ces entreprises individuelles. Il faut  tirer  profit de ce classement de L'UNESCO au patrimoine mondiale.
Que faire? il faut donner envie de s'arrêter au voyageurs qui circulent sur l'ancienne route Nationale. Pour ce faire
- besoin de mieux dégager la vue sur le fleuve depuis la national.
- aménager des aires d'accueil non seulement pour le stationnement mais invitant à venir flâner. Il faudrait s'inspirer des anciens ports de mer où les quais ont été réaménagés en aires touristiques; au bord de l'eau on peu consommer, prendre un verre ou un repas. Il ne s'agit pas d'une ambiance de foire avec cabanes à fritte, ni de doublonner la Guinguette de Lulu Parc qui a sa propre clientèle. Il s'agit simplement d'attirer des visiteurs; le bord de Loire, le coteau avec sa Lanterne ont toujours invité les voyageurs à s'arrêter. Combien d'anciens rapports de voyages le témoignent en mentionnant la Lanterne? Son intérêt n'est pas historique ni vraiment architectural, personne n'en connait vraiment l'histoire. Par contre le paysage surprend le voyageur par son pittoresque, et on veut se donner le temps de l'admirer et de le partager.
La fréquentation de cet espace tourné à priori vers la Loire, vers la Lanterne, invitera à connaitre "l'arrière pays", car le nom de Rochecorbon évoque aussi le bourg. Points de départ de circuits pédestres, ou à vélo, , le bord de Loire incitera à visiter le village;

la Loire ré-ouvrira cette fenêtre vers le bourg, 
fenêtre fermée depuis un Siècle!